Déviation de Saint-Péray, en route pour les canicules

Communiqué de Frapna Drôme Environnement du 12 juillet 2026

Pourquoi la canicule ?

La canicule qui écrase notre pays depuis plusieurs semaines démontre une fois de plus que notre société doit changer d’organisation face aux urgences écologiques. En l’absence d’une réaction suffisante, les crises vont se multiplier, impactant l’environnement et toutes les activités humaines. C’est toute la nature qui est touchée et il deviendra de plus en plus difficile de satisfaire les besoins en eau, de maintenir une agriculture, une économie et une société solidaire.

Si mondialement les rapports alarmants se multiplient, l’agglomération valentinoise continue à se développer comme au siècle dernier sur un nœud routier qui s’agrandit régulièrement, recouvrant les terres agricoles et naturelles de béton et de goudron. Cet aménagement local se fait par morceaux et ses conséquences globales pour l’avenir du territoire ne sont jamais mesurées, ni présentées.

Quel projet d’avenir ?

Le projet de déviation de Saint-Péray porté par la Communauté de Communes Rhône Crussol (CCRC) est un nouveau tronçon du ring valentinois qui agrandira encore l’empreinte de la ville.

Depuis la fin de l’enquête publique en 2022, des voix s’élèvent pour dénoncer une opération qui dissimule le projet de territoire pour les décennies à venir. Pour les porteurs de projet, il faut faire vite, passer en force avant que tout le monde réalise que nous sommes dans une impasse. Alors que la CCRC assure que l’ensemble de son projet et toutes les études concernant l’environnement ont été conduites dans un total respect des lois et règlements, Frapna Drôme Nature Environnement avec ses partenaires associatifs (FRAPNA Ardèche et ALTERRE) l’ont contesté en saisissant le tribunal à plusieurs reprises :

  • En novembre 2024, le Juge des référés du TA de Lyon souligne les carences et la non-conformité de ces études et enjoint au Préfet de l’Ardèche de mettre en demeure la CCRC de mener une « étude quatre saisons » sur la biodiversité et les espèces protégées et de demander conformément aux dispositions du Code de l’environnement, une dérogation espèces protégées.
  • Le 14 mars 2025, la Préfète de l’Ardèche prend un arrêté pour exiger de la CCRC de demander une telle « dérogation » et souligne dans le même arrêté les carences et insuffisances relevées par les Services de l’État de l’étude d’impact produite, notamment : l’ancienneté des inventaires et leur caractère partiel, la non-qualification et quantification des impacts du projet, les risques du projet pour les espèces protégées.
  • Enfin, le Tribunal Administratif de Lyon affirme le 9 juillet 2026 que le pont-rail fait partie intégrante du projet de déviation et fait injonction au Préfet de l’Ardèche de mettre en demeure la CCRC de demander une « Autorisation environnementale » pour la section Nord du projet de déviation entre le Mialan et la route départementale RD 86.

Cette nouvelle décision de justice donne raison aux associations, confirme l’insuffisance des études réalisées et montre bien que ce projet inutile poursuivi par la CCRC n’est plus possible. Le délai supplémentaire accordé par le tribunal permettra-t-il d’ouvrir le débat et d’envisager enfin un projet d’avenir ?


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