Communiqué Covid 19 et nucléaire : silence assourdissant

COVID 19 et nucléaire : silence assourdissant

Communiqué de Frapna Drôme Nature Environnement

30 avril 2020

Le 23 avril dernier, le Dauphiné Libéré a rapporté plusieurs cas d’infection et le décès du COVID 19 d’un agent intérimaire employé au sein du site nucléaire FRAMATOME Romans (fabrication de combustible pour les centrales nucléaires).

Soucieuse de la situation des sites nucléaires en cette période de crise sanitaire exceptionnelle, l’association Frapna Drôme Nature Environnement avait demandé le 14 avril dernier, aux présidents des deux commissions locales d’information (CLI) drômoises, à savoir M. LIMONTA, Vice-président du Conseil Départemental pour la CLI FRAMATOME (Romans) et Mme MOUTON, Présidente du Conseil Départemental pour la CLIGGET (équipements du Tricastin) de réunir (virtuellement bien entendu) les membres des CLI de manière à entendre de la bouche même des industriels (EDF et FRAMATOME) les mesures qui ont été prises pour assurer le fonctionnement des installations nucléaires en toute sécurité tant pour les personnels qui y travaillent que pour les citoyens.

Frapna Drôme Nature Environnement rappelle que les CLI sont dédiées au suivi des installations
nucléaires et à l’information des citoyens et sont donc légitimement fondées à recevoir ces informations.

La pandémie du COVID 19 impacte la totalité des activités humaines et n’a pas épargné malheureusement les installations nucléaires et les agents qui y travaillent.

Il est donc plus que jamais indispensable que les CLI fonctionnent afin que toute la transparence soit faite quant aux conséquences de la pandémie sur l’organisation de la production, de la gestion des personnels (risque d’infection et d’absence de personnel qualifié) et en fin de compte sur la maîtrise des risques sanitaires et nucléaires.

Elles doivent impérativement être en mesure d’informer les citoyens sur l’impact de la crise. Aucun citoyen n’acceptera en cette période que la transparence ne soit pas totale.

Quinze jours après la première demande et après une relance effectuée le 23 avril, l’association de protection de l’environnement n’a toujours pas de réponse alors même que la pandémie a gravement touché FRAMATOME Romans et qu’il a fallu que la presse soit alertée par un syndicat pour que l’information soit rendue public.

Frapna Drôme Nature Environnement alerte depuis longtemps sur la dangerosité de cette industrie nucléaire à bout de souffle dont certains équipements vieillissants sont gérés en partie par des entreprises sous-traitantes, dans des conditions qui engagent la sécurité de la population et des salariés. La question est posée et reste sans réponse : comment cette organisation peut-elle résister au choc de l’épidémie, et aux autres crises exceptionnelles à venir ?

Contact presse pour ce dossier : Pierre Moulin 06 42 87 14 18, Patrick Royannez 06 81 80 48 59.

Save the date

40 ans ça suffit ! Débranchons la centrale nucléaire du Tricastin

Le 31 mai 1980, c’est l’anniversaire officiel de la connexion du réacteur n° 1 de la centrale nucléaire du Tricastin (Drôme) au réseau électrique. Quarante ans plus tard, EDF veut étirer son fonctionnement jusqu’à 50 voire 60 ans, alors même que sa durée de vie avait initialement été fixée à 30 ans.

Pour refuser cette prolongation dangereuse, exiger la fermeture de Tricastin 1 et de tous les vieux réacteurs ayant atteint 40 ans, et s’opposer à leur remplacement par des réacteurs EPR, nous appelons à une grande mobilisation !

> À partir du lundi 25 mai
une semaine d’actions en Auvergne-Rhône-Alpes, la région du Tricastin

> Le samedi 30 mai
une journée festive et revendicative à Montélimar (Drôme)

Alors si tu veux venir gâcher la fête d’EDF et faire la sienne au Tricastin, plus d’infos à venir bientôt !

Organisateurs : Arrêt du nucléaire | Arrêt du nucléaire 34 | Attac France | CAN84 | CHANG |
Comité de soutien Bure 26 | FRAPNA Drôme Nature Environnement | France Nature Environnement Auvergne-Rhône-Alpes | Greenpeace France | Ma zone contrôlée | RECH-Réaction en chaine humaine | Réseau “Sortir du nucléaire” | Rhône-Alpes sans nucléaire | STOP Tricastin | Sortir du nucléaire Bugey | Sortir du nucléaire 38 | Sortir du nucléaire Sud Ardèche | Stop Nucléaire 26-07

Victoire juridique centrale Tricastin

Victoire ! Orano Cycle reconnue coupable de sa négligence sur ses usines TU5 et W du Tricastin

Communiqué du Réseau Sortir du nucléaire et de Frapna Drôme Nature Environnement

Février 2020

En mars 2018, des problèmes flagrants de mauvaise gestion des déchets avaient été détectées sur deux usines situées sur le site de Pierrelatte gérées par Orano. Suite à l’action en justice menée par le Réseau “Sortir du nucléaire“ et Frapna Drôme Nature Environnement, le tribunal de police de Valence vient de condamner Orano Cycle. Nos associations se réjouissent de cette décision.

Le 5 mars 2018, une inspection de l’Autorité de sûreté nucléaire a eu lieu sur les usines TU 5 et W. Situées sur le complexe nucléaire de Pierrelatte, ces installations traitent des substances radioactives produites par les opérations d’enrichissement de l’uranium et de « retraitement » du combustible usé.
Suite à l’inspection, un rapport a été publié, faisant état de problèmes inquiétants de mauvaise gestion des déchets.

Dans ce rapport, on apprenait entre autres que les agents n’étaient pas avertis de la présence sur le site de certains déchets présentant des risques cancérogènes, mutagènes et reprotoxiques. Certains registres n’indiquaient pas plusieurs informations essentielles sur les déchets stockés, qu’il s’agisse de leur localisation, de leur quantité ou de leur nature (radioactifs ou conventionnels). À certains endroits, les pictogrammes indiquant le danger n’étaient pas apposés.

Cette situation reflète une organisation du travail où la sûreté n’est pas la priorité, et qui met en danger les travailleurs et l’environnement. Il est révoltant qu’Orano Cycle se soit servi d’un travailleur comme fusible pour masquer un problème structurel et qui perdurait depuis longtemps, en licenciant
le salarié concerné qui avait hérité d’une situation de non-gestion.

Le 27 février 2019, le Réseau “Sortir du nucléaire“ a cité directement Orano Cycle devant le tribunal de police de Valence. Frapna Drôme Nature Environnement s’est ensuite portée partie civile. Suite à une audience qui s’est déroulée le 1er octobre 2019, au cours de laquelle l’avocat d’Orano a tenté vainement de remettre en question la légitimité de l’action des associations, l’affaire a été mise en
délibéré.

Ce 4 février 2020, Orano Cycle a été reconnue coupable de 2 infractions et condamnée à verser 11 000 €. Nos associations se réjouissent de cette condamnation, et espèrent qu’elle enverra un signal fort à l’exploitant, dont la négligence met en danger les travailleurs.

Retrouvez le dossier juridique : https://www.sortirdunucleaire.org/Tricastin-dechets-Orano

Contacts presse :
Marie Frachisse (Réseau “Sortir du nucléaire”, juriste) – 07 62 58 01 23
Maître Samuel Delalande, avocat – 06 01 95 93 59

Communiqué Manque de transparence dysfonctionnement centrale nucléaire du Tricastin

Communiqué – Frapna Drôme Nature Environnement dénonce le manque de transparence autour du dysfonctionnement de la centrale nucléaire du Tricastin

Le 6 novembre 2019, EDF déclare une fuite de tritium sous la centrale nucléaire du Tricastin à l’autorité de sûreté nucléaire (ASN). Les eaux souterraines sont contaminées pour des valeurs supérieures de plus de 2000 fois le niveau normal de Tritium constaté dans les nappes non-contaminées (information donnée par la CRIIRAD, commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité.)

Conformément à la loi relative à la Transparence et à la Sécurité Nucléaire, l’activité de chaque installation nucléaire de base est suivie par une commission locale d’information (CLI) : représentative des populations riveraines, les CLI rassemblent, des élus locaux, des associations environnementales, des délégués syndicaux, des experts et des représentants du monde économique. Les CLI permettent l’information du citoyen et doivent donc être informées dans les meilleurs délais de tout événement concernant l’installation nucléaire qui les concerne.

Pour le Tricastin, cette CLI se nomme la CLIGEET (commission locale d’information des grands équipements électriques du Tricastin). La fuite de tritium, classée événement significatif, a été signalée à la CLIGEET par EDF, le 22 janvier 2020, DEUX MOIS ET DEMI APRÈS SA DÉTECTION !

Pourquoi EDF et l’autorité nucléaire n’ont-ils pas respecté leurs obligations et informé immédiatement la CLIGEET et les citoyens ?

Au moment où la centrale du Tricastin doit subir des travaux de rénovation pour envisager la prolongation de son fonctionnement au-delà de 40 ans, cet événement confirme l’incapacité d’EDF à poursuivre l’exploitation en sécurité. Cherche-t-on encore une fois à dissimuler cette réalité ? Le manque de transparence renforce l’inquiétude de tous les voisins de l’équipement et bien au-delà… Il s’agit de sécurité mais aussi de démocratie : les informations doivent être disponibles pour permettre aux citoyens de choisir leur avenir.

Et le débat doit être ouvert : Frapna Drôme Nature Environnement et une partie croissante de la population demandent que la centrale du Tricastin soit arrêtée. Les 100 milliards d’euros nécessaires au rajeunissement impossible du parc nucléaire français dangereux doivent être investis dans un programme d’économies d’énergie et le développement des énergies renouvelables. Dans ce domaine, notre pays doit combler son retard pour préserver la qualité de vie de ses habitants.


Retrouvez ci-dessous un communiqué de la CRIIRAD ainsi que le communiqué d’EDF envoyé à la CLIGEET :