SCoT Rhône Provence Baronnies : priorité aux urgences écologiques et climatiques

Communiqué de Frapna Drôme Nature Environnement du 29 novembre 2021

A l’occasion d’une première rencontre autour du projet de SCoT (schéma de cohérence territoriale) Rhône Provence Baronnies, organisée le 1er décembre à Nyons par le Syndicat Mixte, Frapna Drôme Nature Environnement appelle les élus et les habitants à exiger que ce schéma engage prioritairement à adapter ce territoire et à agir face aux urgences écologiques et climatiques.

Une organisation pour les 20 années à venir

La délibération du Syndicat Mixte du SCoT Rhône Provence Baronnies en date du 21 avril 2021 pour l’élaboration du schéma de cohérence territoriale précise que ce schéma orientera l’aménagement du territoire pour les 20 années à venir, que son périmètre concerne 177 communes situées sur l’Ardèche, la Drôme et le Vaucluse, et qu’il poursuivra les objectifs suivants :

  • Activités économiques : renforcer l’attractivité des filières économiques locales.
  • Offre de logement et d’habitat, grands équipements et services, mobilités : conforter la qualité de vie des habitants.
  • Prévention des risques, préservation et valorisation des paysages de la biodiversité, des ressources naturelles : impulser et accompagner les transitions énergétiques et écologiques ambitieuses.
  • Progresser dans la gestion économe de l’espace et la sobriété foncière.

L’humanité est à un point de bascule : l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature) l’a déclaré en août 2021 face à l’effondrement de la biodiversité. Même constat pour le GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), qui a rappelé encore cette année l’absence d’actions suffisamment efficaces pour espérer limiter le dérèglement climatique.

Et ici, en quoi les objectifs de ce SCoT ainsi définis laissent-ils espérer localement le changement indispensable ?

L’état de l’environnement définit toutes les activités à venir sur le territoire

Les 4 objectifs de la délibération cités ci-dessus sont complètement soumis à l’état de la biodiversité et du climat.

S’il est question de « valoriser la biodiversité », ces objectifs n’évoquent à aucun endroit l’évolution du climat et la vulnérabilité particulière du territoire concerné.

Le dérèglement climatique a été pourtant précisé localement par l’Observatoire Régional Climat Air Energie Auvergne-Rhône-Alpes (ORCAE) dans le profil climat réalisé pour l’agglomération de Montélimar qui prend en compte les dernières données disponibles (actualisé en septembre 2021). A titre d’exemple, celui-ci indique que les températures moyennes estivales auraient augmenté sur ce territoire de +2.9° entre 1959 et 2019. Avec la même ascendance, nous pouvons calculer que ces températures moyennes augmenteront de +3.9° en 2040 et de +4,4° en 2050. Cette hausse de la moyenne déjà considérable pourrait s’accentuer. Elle sous-entend une fréquence accrue des événements exceptionnels : canicules plus longues et températures maximales très élevées.

Avec ce constat, c’est donc bien l’état de l’environnement qui définit le cadre de toutes les activités humaines sur ce territoire pour l’avenir.

L’écart entre les mots et les actes

Et le cadre réglementaire ? Le SCoT doit prendre en compte les dispositions de la Loi Climat et Résilience et le Schéma Régional d’Aménagement, de Développement Durable et d’Egalité des Territoires (SRADDET), il doit être compatible avec le Schéma Directeur d’Aménagement et de Gestion des Eaux (SDAGE Rhône méditerranée Corse 2022 2027). Ce cadre règlementaire est indispensable mais n’est pas suffisant : comme l’ont rappelé de nombreux participants à la COP 26, il y a trop d’écart entre les mots et les actes, mondialement et localement. En produisant des documents de plusieurs centaines de pages dont une partie sont des « copiés-collés » des textes officiels, les responsables avec les cabinets d’étude mandatés tenteront de démontrer que l’on peut préserver l’organisation actuelle avec quelques aménagements de verdissement… Pour sortir de cette inertie qui nous condamne, la population et leurs élus doivent pourtant comprendre le sens et les conséquences réels des projets proposés dont ils pourraient être les victimes : en effet, les crises sanitaires et écologiques non-anticipées engagent à la multiplication et à l’aggravation des inégalités sociales.

Pour sortir de l’immobilisme, partageons la conscience de l’urgence pour définir les priorités

Pour Frapna Drôme Nature Environnement, l’adaptation et la lutte face au dérèglement climatique, la restauration de la biodiversité, l’adaptation des besoins en eau à la disponibilité de la ressource doivent être l’objectif principal et supérieur du SCoT. Pour cela, son élaboration devra se faire avec une animation sans précédent permettant à la population d’être informée des urgences puis d’être actrice et pilote du projet à venir en conscience.

Il s’agit d’engager ensemble un changement de fond. Les élus concernés par ce SCoT RPB sont-ils déterminés à agir avec la population pour transformer localement l’organisation économique et sociale ?

Sans cette détermination, l’habitabilité de ce territoire est en cause à court terme.


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