Message du conseil d’administration aux adhérents et sympathisants

28 avril 2020

Bonjour,

Nous espérons que vous vous portez bien et que les contraintes du confinement imposées par la crise sanitaire n’affectent pas trop votre moral.
A travers ce message, nous voulons rappeler que notre association continue à agir dans ce contexte difficile. Avec vous, avec tous les partenaires, l’association veut contribuer au changement indispensable à notre survie.

Depuis plus de 40 ans, nous avons alerté sur la dégradation de notre monde et ses conséquences certaines. Si nous ne pouvions pas prédire cette épidémie de coronavirus, nous en avions cerné les causes : l’absence de considération de l’homme pour l’animal, plus globalement l’absence de considération de l’homme pour l’environnement et l’absence de considération de l’homme pour ses semblables. L’organisation humaine est défectueuse et elle peine maintenant à trouver des solutions face à la crise qu’elle a provoquée.

La croissance économique s’est appuyée jusqu’à ce jour sur une surexploitation exponentielle des ressources planétaires au détriment de la solidarité, de la démocratie et en épuisant dramatiquement l’environnement. Gaspillages et profits égoïstes sont devenus les moteurs du modèle économique. Personne ne nie que cette crise est une nouvelle alerte : il faut réparer notre organisation pour qu’elle soit préparée à résister aux chocs notamment écologiques et qu’elle les anticipe en restaurant prioritairement la nature, en satisfaisant avec équité et sobriété les besoins essentiels des humains.

Mais ce ne sont pas les choix qui sont faits dès maintenant. En effet, les gouvernements affirment vouloir remettre en marche les appareils productifs et prévoient des mesures pour soutenir les entreprises sans condition et sans tirer les enseignements de cette crise. Rien n’annonce une rupture, au contraire, il s’agit de rattraper le « retard » : le retard sur la destruction de l’environnement, sur le réchauffement climatique, sur l’effondrement de la biodiversité, sur la régression de la démocratie, de la liberté, des protections sociales ? Dans ces conditions, cette reprise économique va nous mener à notre perte.

Le port du masque est sûrement indispensable face à l’épidémie, pas celui du bâillon.

Au niveau mondial, nous pouvons agir sur l’organisation car le monde est constitué d’États et les citoyens doivent revendiquer d’être les décideurs du projet national dans un fonctionnement démocratique à préserver et à développer.

Au niveau local, nous pouvons mettre en place le changement tout de suite. Les citoyens peuvent coconstruire une nouvelle organisation dans chaque collectivité, dans chaque groupe, pour que tous les habitants disposent du pouvoir de vivre : avec les circuits courts, les AMAP, les coopératives d’emploi, d’achat ou de production d’énergie, avec une relocalisation d’une partie de la production des biens essentiels, le partage des emplois, la réhabilitation des logements, la restauration de la biodiversité, des milieux, de la qualité de l’eau et de l’air, le renforcement de la démocratie participative, un aménagement du territoire rendant les terres à l’agriculture et à la nature, le développement des services de proximité, des alternatives à la voiture individuelle et des services publics accessibles à tous, la mise en œuvre de campagnes d’éducation populaire et à l’environnement, des jardins partagés…

Le dernier numéro des épines drômoises alimentait le débat électoral pour que chaque commune drômoise s’engage dans la transition écologique : 2020, dernier espoir pour un monde vivable en enviable. Cette pandémie et ce confinement démontrent qu’il ne s’agit pas d’un débat d’opinions. L’urgence est désormais
perceptible par chacun et ce temps libéré aura permis de réfléchir et d’évaluer les limites des modes de vie précédents.

Cette expérience difficile et les aspirations nouvelles des citoyens peuvent accélérer le changement et permettre de co-construire la suite autrement.

Dans cette idée, les administrateurs de Frapna Drôme Nature Environnement ont décidé de s’appuyer sur le « Pacte du pouvoir de vivre ». C’est une proposition pour prendre en compte prioritairement les urgences écologiques en ne dissociant plus les questions sociales et
environnementales. Le « pouvoir de vivre » motive bien notre projet et notre action dans tous les dossiers, de
Crest aux Granges-Gontardes, de Donzère à St Rambert d’Albon, de Valence à Montélimar.

Le conseil d’administration appelle tous les adhérents, tous les sympathisants, tous les partenaires de l’association à alimenter ce grand élan pour que tout ne recommence pas comme avant.

A faire connaître : les 3 derniers numéros des épines drômoises sont désormais en accès libre sur le site de l’association.

A bientôt !

Le conseil d’administration de Frapna Drôme Nature Environnement


Suivez les boutons ci-dessous pour découvrir les autres actualités