Combustible nucléaire bloqué à la centrale du Tricastin : un danger grave pèse sur les travailleurs et la population – Face à l’opacité, nous interpellons les autorités

Communiqué du 15 février 2019

Depuis le 3 février 2019, un assemblage de combustible est bloqué dans le réacteur n° 2 du Tricastin et menace de chuter. Cette situation fait peser un risque important pour les travailleurs et les riverains. Or EDF SA n’a pas informé les populations de sa gravité. Pire, l’entreprise maintient l’organisation d’ateliers pour enfants sur le site nucléaire pendant les vacances de février ! Nos associations dénoncent cette opacité et interpellent les autorités.

Le 3 février, lors d’une opération de déchargement de combustible sur le réacteur n° 2, un assemblage de combustible nucléaire est resté coincé. Des opérations périlleuses devront être engagées pour le décrocher. En effet, celui-ci est actuellement suspendu au-dessus des 156 autres assemblages présents dans le cœur du réacteur : s’il venait à chuter, des gaines de combustible pourraient être endommagées. Comme l’explique la CRIIRAD dans un communiqué, des substances hautement radioactives seraient alors relâchées et pourraient être rejetées dans l’environnement. Se pose également la question des risques de réaction en chaîne.

Selon nos informations, ces opérations pourraient avoir lieu dès ce samedi. Elles comporteront des risques radiologiques très importants pour les travailleurs qui devront intervenir. En cas d’échec, les populations seront également menacées. Des mesures urgentes seraient donc nécessaires pour les protéger.

Or EDF SA s’est contentée d’une communication minimale qui ne reflète absolument pas la gravité de la situation. Pire : plutôt que d’adopter les mesures nécessaires, elle maintient l’organisation d’ateliers pour les enfants sur le site de la centrale pendant les deux semaines à venir ! Et une visite guidée de la centrale est toujours prévue pour le 23 février.

Dès début février, la CRIIRAD a interrogé l’exploitant sur la situation dans le réacteur et l’évaluation des risques en cas de chute de l’assemblage de combustible. Aucune réponse n’a été apportée à ses questions pourtant cruciales.

Au regard de la gravité de la situation, nos associations ont décidé, ensemble, d’interpeller EDF Tricastin, l’Autorité de sûreté nucléaire, l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire, ainsi que les préfectures de la Drôme et des départements limitrophes (voir courriers ci-dessous).

Nous dénonçons fermement cette opacité et la mise en danger des populations. Nos associations se réservent le droit d’agir ensemble en justice si les questions que nous posons n’obtiennent pas de réponse et si les autorités ne prennent pas les mesures adéquates pour protéger les habitants.

Nous rappelons enfin que cela fait déjà plusieurs fois que cette situation – pourtant très rare – se produit au Tricastin [1] . Non seulement EDF SA n’a pas su prévenir le problème, mais elle n’apprend pas de ses erreurs ! Dans ces conditions, il est inconcevable que la prolongation du fonctionnement des réacteurs du Tricastin, qui approchent les 40 ans, puisse être envisagée.

Communiqué commun CAN 84, Frapna Drôme Nature Environnement, Collectif Halte Aux Nucléaires Gard (ADN), Greenpeace France, Ma Zone Contrôlée, Réaction en Chaîne Humaine, Réseau “Sortir du nucléaire“, Sortir du nucléaire Sud Ardèche, STOP nucléaire 26-07 (ADN), Stop Tricastin.

Notes

[1] En septembre 2008, deux éléments de combustibles s’étaient retrouvés bloqués lors du déchargement du réacteur n°2, et encore un en novembre 2009.

Courriers envoyés


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